Didier Ruiz

directeur artistique et metteur en scène

J’aime la mer, le bleu marine, le bleu ciel, tous les bleus en fait, les pins, le sable qui reste entre les orteils, le sel qui fait des plaques sur la peau, le soleil qui fait cligner les yeux quand on sort de l’eau, l’eau qui coule du nez comme un robinet, les cailloux verts qui glissent sur le rivage et qui ont un goût de cailloux verts, les paniers de plage plein de coquillages et de magazines qu’on relit pendant deux mois, les odeurs d’huile, les bières fraîches roulées dans le papier journal, les sandwichs au pâté enveloppés dans le papier aluminium qu’on mange avec délice sur la rabane, le parasol qui attend docile dans le coffre de la voiture qui garde toujours une odeur d’essence, les olives vertes et les noires, les noyaux des olives qu’on jette par la fenêtre ou qu’on pince entre les doigts pour qu’ils aillent plus loin, les moments où rien ne bouge, les marchés où les gens crient, où les figues sont servies dans des sacs en papier, où les marchands ont des grosses voix et donnent des fruits à goûter aux passants, les vieux qui racontent des histoires à l’arrêt de bus, ceux qui ont mis le pull à l’envers et qui marchent dans la rue, ceux qui font des collections d’emballages de sachet de sucre, les listes des courses, les listes du matériel nécessaire, les listes de ceux admis, les listes de ceux qui sont morts et dont le nom est gravé à l’entrée du village, les photos de groupe de classe, des photos de groupe de copains de régiment, les expositions de coquillages, de cailloux, les expositions d’êtres humains comme au théâtre que j’aime.

lacompagniedeshommes[a]worldonline.fr